Après la guerre : la libération de la peinture ?

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Jean Fautrier, Sarah, 1943, blanc de plomb, huile, encre, poudre de pastel et vernis sur papier chiffon marouflé sur toile, 116 x 80,7 cm FGA-BA-FAUTR-0001 © Fondation Gandur pour l’Art, Genève. Photographe : Sandra Pointet

Soixante-quinze œuvres de la Fondation Gandur pour l’Art sélectionnées avec soin sont présentées au Mémorial de Caen à l’occasion d’une exposition consacrée à l’explosion de la peinture abstraite en France entre 1945 et la fin de la guerre d’Algérie. Jean Fautrier, Sarah, 1943, blanc de plomb, huile, encre, poudre de pastelet vernis sur papier chiffon marouflé sur toile, 116 x 80,7 cmFGA-BA-FAUTR-0001 © Fondation Gandur pour l’Art, Genève. Photographe : Sandra Pointet La peinture abstraite française d’après-guerre s’est-elle construite sur les ruines du continent dévasté par les six années du deuxième conflit mondial ? C’est la question à laquelle cherche à répondre le Mémorial de Caen, plus habitué à exposer l’histoire à travers des images photographiques et des documents historiques que des œuvres d’art – abstraites qui plus est. Le postulat est le suivant : après les horreurs de la guerre, comment continuer à représenter la réalité telle qu’elle est ? Après les crimes nazis, le monde est devenu irreprésentable, indicible. C’est donc en regardant vers l’intériorité, en allant vers la pure picturalité, et non à travers la représentation mimétique du monde que les artistes vont « reconstruire » la peinture. Ou, plutôt, vont continuer à redéfinir ce qu’est le « moderne ». Car nous sommes…