Georgia O’Keeffe. Voir d’un œil nouveau et s’émerveiller

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Camille Lévêque-Claudet La rétrospective organisée au Musée National d’Art Moderne à Paris révèle les différentes facettes de l’œuvre puissante de Georgia O’Keeffe. Pour pénétrer le « mystère Georgia O’Keeffe » il faut certainement oublier un moment ses fleurs grand format, les œuvres les plus connues de l’artiste, auxquelles a souvent été donnée une interprétation sexuelle et chercher ailleurs, par exemple dans une œuvre comme Black Door with Red (1954), représentant un mur percé d’une porte, une étendue d’adobe rouge lisse encadrant un carré noir brut, espace négatif absolu. O’Keeffe aimait peindre le même sujet encore et encore, jusqu’à ce qu’elle en ait pénétré son essence. Les fleurs, aux pistils dressés et aux pétales gonflées, sont remplacées par des paysages urbains de New York, puis par des crânes de vaches et divers ossements d’animaux, flottant au-dessus du ciel bleu pur et des collines sèches du Nouveau-Mexique. Ce paysage est une révélation pour elle, et c’est pendant ses séjours au Nouveau-Mexique, dans les années 1930, qu’elle commence à être obsédée par le mur percé d’une porte. Après avoir acheté la maison, un processus qui dure une décennie entière, elle entreprend de documenter sa présence énigmatique sur la toile. « J’essaie toujours de peindre cette porte…