L’apocalypse burlesque

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Autoportrait, 1982 Gouache, 102 x 72 cm Centre Dürrenmatt Neuchâtel Confédération suisse
Autoportrait, 1982 Gouache, 102 x 72 cm Centre Dürrenmatt Neuchâtel Confédération suisse

Entre écriture et peinture, c’est sur la crête de la transversalité fertile de l’œuvre de son grand homme que le Centre Dürrenmatt de Neuchâtel entame un cycle d’expositions destinées à marquer l’année de son centenaire. Françoise Jaunin « Mes dessins ne sont pas les à-côtés de mon œuvre littéraire, mais les champs de bataille peints ou dessinés sur lesquels se jouent mes combats, mes aventures, mes expérimentations et mes échecs d’écrivain». Signée Friedrich Dürrenmatt, la phrase est connue, mais c’est vraiment au pied de la lettre qu’elle est prise ici, histoire d’imbriquer quasi fusionnellement écriture et peinture comme les deux faces nécessaires et complémentaires d’un seul et même regard sur le monde, d’une même inspiration tragique et grotesque, et des mêmes thèmes obsessionnels tirés des textes fondateurs de la Bible et de la mythologie grecque. Si c’est bien la peinture qui a été sa vie durant le laboratoire visuel débridé de son œuvre littéraire, toutes deux se conjuguent intimement pour brosser une fable expressionniste à deux voix, une double fantasmagorie grinçante oscillant entre le funeste et le burlesque, un même théâtre de la satire et de l’absurde. Les Astronomes, 1952 Gouache sur carton, 49 x 70 cm Centre Dürrenmatt Neuchâtel…