Les maisons hantées de Victor Brauner

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Autoportrait, 1931 Huile sur toile, 220 x 162 cm Photo Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais image Centre Pompidou, MNAM-CCI Adagp, Paris 2020
Autoportrait, 1931 Huile sur toile, 220 x 162 cm Photo Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais image Centre Pompidou, MNAM-CCI Adagp, Paris 2020

Expressionisme, constructivisme, dadaïsme, surréalisme : Victor Brauner (1903- 1966) aura contribué à tous les mouvements d’avant-garde du XXe siècle avant de fixer, par des formes volontairement simples, voire primitives, quelques-unes des stations de sa plongée dans l’inconscient. « Le tableau est une technique initiatique qui me pousse dans mes zones secrètes et intérieurs et me fait découvrir en moi des choses très importantes », confiait Brauner à Alain Jouffroy, dans un entretien, en 1961. Et d’ajouter : « Le tableau surgit des plus profondes zones de l’instinct, fait appel à l’instinct, communication sans préjugé. » Toute sa vie, Brauner aura essayé de déchirer le rideau, passer derrière le miroir. Enfant, il avait surpris son père se livrant à des séances de spiritisme. Il a été frappé, aussi, par les superstitions populaires nées du passage de la comète de Halley, en 1911, interprétée comme annonciatrice de quelque malheur à venir. Le climat politique et social, dans sa Moldavie natale, n’avait d’ailleurs rien de rassurant, si bien que la famille, fuyant les émeutes paysannes, s’était installée un temps à Hambourg, puis à Vienne. De retour à Bucarest après la fin de la guerre, le jeune Brauner s’inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts, dont il est toutefois…