OSKAR KOKOSCHKA UN BARBARE RAFFINÉ

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Time, Gentlemen Please, 1971-1972 Huile sur toile, 130 x 100 cm Tate : acquis en 1986 © Fondation Oskar Kokoschka / 2018 ProLitteris, Zurich

Presque quarante ans après sa mort, le Kunsthaus de Zurich dresse le portrait du maître autrichien en peintre expressionniste et baroque, en humaniste pacifiste et citoyen du monde, et en supposé ennemi de la modernité dont certains artistes d’aujourd’hui se réclament encore. Adolf Loos, 1909 Huile sur toile, 74 x 91 cm Staatliche Museen zu Berlin, Nationalgalerie © Fondation Oskar Kokoschka / 2018 ProLitteris, Zurich. Photo : Roman März «On n’est pas un homme du seul fait d’être né. Il faut le devenir à nouveau à chaque instant », notait Oskar Kokoschka dans Ma vie en 1971. Dans les derniers feux de l’empire austro-hongrois qu’il scandalisait par son librepenser, à travers les horreurs de la Grande Guerre où il fut grièvement blessé, face aux répressions nazies qui ont estampillé son art dégénéré et fait de lui un éternel exilé, sa manière à lui d’être un homme passait par la peinture : une formidable fureur de peindre que même l’apaisement de ses vingt-sept dernières années de vie à Villeneuve n’a jamais émoussée. Trente ans après la rétrospective que lui avait dédiée pour son centenaire en 1986 (l’artiste s’était éteint six ans plus tôt), le Kunsthaus de Zurich revient dérouler la vaste fresque…