Rome comme vous ne la voyez jamais…

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À la découverte des trésors cachés de Rome :

Rome est la ville qui possède le plus vaste patrimoine ancien au monde. Si les innombrables ruines antiques et les églises pléthoriques de la cité des empereurs et des papes sont ouvertes au public, une grande partie de ce qui constitue l’inestimable richesse de la Ville éternelle reste jalousement conservée à l’abri des regards : ce sont les palais de Rome, célèbres tant par leur nombre que par leur magnificence et la richesse de leurs décors. Beaucoup sont encore habités par d’anciennes familles romaines qui, au fil du temps, ont donné papes et cardinaux et ont accumulé les plus précieuses œuvres d’art dans leurs demeures fermées au public. Artpassions a organisé pour ses lecteurs, en octobre, un voyage à Rome à la découverte de chefs-d’œuvre méconnus ou rarement visibles. Tancrède Hertzog, rédacteur de la revue Artpassions, spécialiste de l’art italien et de Rome en particulier, a accompagné les participants dans ces merveilleuses découvertes.

Le Casino dell’Aurora a ouvert le bal : juchée sur la colline du Pincio, cette « maison de plaisir » autrefois au centre du plus beau domaine privé de Rome, appartient encore aux Boncompagni-Ludovisi, lignée qui a donné deux papes à l’Église. Elle renferme le seul décor mural réalisé par le Caravage (en 1599), figurant Pluton, Neptune et Jupiter autour du globe terrestre, iconographie mystérieuse teintée de références alchimiques, ainsi qu’une célèbre fresque du Guerchin, représentant L’Aurore sur son char chassant la Nuit. Ensuite, le palais Taverna et ses salles décorées de paysages ténébreux et immenses de Rosa da Tivoli ainsi que de célèbres toiles du vénitien Sebastiano Ricci, puis le palais Massimo, chef-d’œuvre de la Renaissance, avec ses décors en stuc du XVIe siècle et ses mosaïques romaines. Encore le palais Odescalchi, construit par Le Bernin pour la famille Chigi dans la seconde moitié du XVIIe siècle, les appartements privés du Palais Colonna, le plus vaste de Rome, où, dans une salle, sont conservées trente-cinq vues de Rome par Gaspar Van Wittel, sans oublier la villa Farnésine, dans le quartier de Trastevere, ornée de fresques de Raphaël sur le thème de l’histoire de Psyché et immergée dans un paisible jardin garni seulement de quelques antiques bucoliques.

Citons, enfin, un chef-d’œuvre ignoré : la Biblioteca Vallicelliana, la plus ancienne bibliothèque publique de Rome, ouverte à la fin du XVIe siècle par l’ordre religieux des Oratoriens, fondé à l’époque de la Contre-Réforme et dont les membres étaient friands d’art, de culture et d’érudition. La salle de lecture est l’œuvre de Borromini et est décorée au plafond de grisailles du peintre Romanelli. Dans cet écrin du XVIIe siècle, les plus beaux livres de la collection nous ont exceptionnellement été présentés, dont un herbier rehaussé d’aquarelles datant du XVIe siècle, le recueil des gravures architecturales de Borromini, un splendide atlas géographique du XVe siècle est celui que l’on peut considérer comme le premier livre d’archéologie de l’histoire, consacré à la Rome souterraine et orné de gravures montrant les vestiges anciens des catacombes dont beaucoup ont disparu depuis : il est daté du début du XVIIe siècle. Fenêtre ouverte sur les richesses infinies de Rome que cent voyages ne permettraient pas d’épuiser !