Aux portes du rêve et de l’inconscient

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Robert Kopp Evoluant dans les marges de la peinture de son temps, refusant à la fois les maîtres de l’académisme et les impressionnistes, Odilon Redon (1840 – 1916) n’a été reconnu que tardivement. Mais, depuis quelques années, son importance pour l’art du XXe siècle se révèle pleinement. C’est à elle qu’est consacrée la magnifique exposition de la Fondation Beyeler à Bâle. Il lui aura fallu attendre la soixantaine pour connaître un certain succès, mais depuis sa percée à l’Armory Show de New York, en 1913, son importance n’a cessé de grandir, à l’étranger encore plus qu’en France. Ses tableaux hauts en couleur semblent parfois annoncer ce que l’on a appelé la peinture pure, de Kandinsky à Sam Francis. Mais souvent ce sont ses « noirs », comme il les appelait, qui retiennent aujourd’hui l’attention, tant qu’ils brillent d’une lumière mystérieuse. Ces deux aspects apparemment contradictoires de son génie dialoguent ici à merveille, grâce à un accrochage d’une rare subtilité. Odilon Redon 
Papillons, vers 1910 
Huile sur toile, 73,9 x 54,9 cm 
The Museum of Modern Art, New York,Donation de Mme Werner E.Josten en mémoire de son mari, 1964
Photo: © 2013. Digital image,The Museum of Modern Art, New York / Scala,…