Marlene Dumas – À la fondation pinault, aux sources du retour en grâce de la figuration

0
304

Marlene Dumas, la papesse de la peinture figurative, s’expose en une rétrospective fleuve à Venise, sous les voûtes du Palazzo Grassi, retraçant sa carrière des années quatre-vingts à aujourd’hui. Une exposition bienvenue au moment où la figuration revient sur le devant de la scène et qui nous montre tout ce que doivent bien des jeunes peintres d’aujourd’hui à la science de la touche de l’artiste sud-africaine. Cela peut paraître étrange car Marlene Dumas n’a jamais habité à Venise, mais montrer son œuvre dans la Cité des Doges revêt sans doute plus de sens que n’importe où ailleurs dans le monde: peintre de la touche, peintre de la couleur et non de la ligne ou du dessin, l’artiste sud-africaine ins-tallée aux Pays-Bas a mis depuis quarante ans son coup de pinceau au service de la chair, de l’explo-ration de sa sensualité et de ses turpitudes, d’Éros à Thanatos. Ce qui fait d’elle la digne descendante d’une grande lignée d’artistes qui a justement vu le jour à Venise, tels deux grands maîtres prénom-més Giorgione et Titien : la lignée des peintres de la pulsion, des peintres de l’amour physique, des peintres des corps désirés et désirants, à l’oppo-sé des peintres de l’amour…