Mark Rothko n’aimait pas voyager. Il se rend pourtant trois fois à Florence, en 1950, en 1959, en 1966. À San Marco, il passe des heures dans les cellules peintes par Beato Angelico.
À la Bibliothèque Laurentienne, il franchit le vestibule de Michel-Ange et y reconnaît, avouera-t-il plus tard à Harper’s Magazine, la même intention que la sienne, enfermer le visiteur dans une pièce dont les portes et les fenêtres ont été murées.
C’est cette intuition florentine que le Fondazione Palazzo Strozzi réunit aujourd’hui pour la première fois, plus de 70 œuvres venues du The Museum of Modern Art, du The Metropolitan Museum of Art, de la Tate, du Centre Pompidou, de la The National Gallery et du Guggenheim New York.
Le commissariat est confié à Christopher Rothko, le fils, et à Elena Geuna. Deux satellites prolongent le parcours, le Museo di San Marco et la Laurentienne elle-même.
Ce que retrace Olivier Tosseri dans Artpassions N° 85 est moins une influence qu’un déclencheur. Florence n’est pas un décor de prestige pour Rothko. C’est la matrice qui lui révèle que le tableau peut être un seuil, que la peinture peut tenir lieu d’espace, et l’espace, lieu de recueillement.
Le berceau de la Renaissance, source inattendue de l’abstraction du XXe siècle.
Et si le geste le plus radical de l’art américain du XXe siècle avait pris sa source dans un couvent de la Renaissance.
- Artpassions
- 1 minutes de lecture
Article complet
Partager l'article
Une sélection d’articles en lecture libre, notre analyse du marché, nos recommandations d’expositions et de lectures.
Quatre numéros par an, papier ou digital. Le magazine d’art le plus vendu en kiosque en Suisse.
Par Arthur Dreyfus Jesse Eisenberg, révélé par son incarnation de Mark Zuckerberg, confirme son vrai talent de réalisateur. Son nouveau film, couronné de prix, relève un pari quasi impossible: traiter avec espièglerie un pèlerinage en Pologne sur les traces d’ancêtres juifs décimés. Selon Cocteau, le cinéma est l’art de filmer ...
Depuis longtemps, le joaillier Benoît de Gorski cherche l’inspiration dans l’Antiquité grecque et romaine. Car retourner à la source de l’art occidental, c’est se régénérer, tout en s’affranchissant de la tyrannie des modes éphémères. Et tout naturellement, il a redécouvert un art très prisé des Anciens, la glyptique. Par glyptique, ...
La Galerie Jacques de la Béraudière a le plaisir de présenter une exposition consacrée aux maîtres du surréalisme en Suisse. Profondément choquée par les horreurs de la Première Guerre mondiale, une partie de la jeune génération se révolte contre une civilisation qui a pu permettre de tels massacres. C’est ...