Il arrive qu’une signature ouvre plus qu’un nom : une place dans l’histoire.
En 1548, sur un panneau de chêne conservé aujourd’hui au Kunstmuseum Basel, Catharina van Hemessen inscrivit son nom, son geste et son âge. Quelques mots, placés au-dessus d’une jeune femme au chevalet, suffirent à faire entrer dans la peinture occidentale une apparition décisive : l’artiste se représentant dans l’acte même de peindre. Pour Elena Filipovic, qui dirige le musée, cette image demeure moins un jalon qu’une présence quotidienne.
La rentrée lui répond par d’autres visages. À Montmajour, Ayana V. Jackson réinvestit les figures absentes de l’histoire de l’art. À Saint-Germain-des-Prés, le Parcours des Mondes rassemble les regards autour des arts d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et des Amériques. À Vevey, la photographie quitte les cimaises pour gagner les rues, les quais et les façades. À Zurich comme à Genève, le marché reprend son rythme, entre salles de ventes et vitrines d’automne.
D’une œuvre à l’autre, une même question circule : que faut-il pour qu’une image ne soit pas seulement vue, mais reconnue ?