Au parcours des mondes, le génie artistique du peuple aïnou

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Salon d’art tribal au succès grandissant, le Parcours des Mondes offre l’opportunité, rare pour le néophyte comme pour l’amateur, de découvrir des civilisations et des langages esthétiques encore méconnus. Les jeunes marchands bruxellois Patrick et Ondine Mestdagh présentent ainsi une exceptionnelle collection de pièces Aïnou (population du Nord du Japon) d’une suprême élégance. Par Bérénice Geoffroy-Schneiter   Les nostalgiques du Musée de l’Homme, à Paris, se souviennent peut-être, avec émotion, de la petite exposition qui relatait l’extraordinaire périple que l’ethnologue et préhistorien André Leroi-Gourhan accomplit en 1938 avec son épouse Arlette au Japon, dans l’île de Hokkaïdo. Son intention précise était d’étudier les Aïnous, une ethnie d’environ 20 000 individus dont les origines, la langue et la culture constituaient une passionnante énigme pour les chercheurs. N’étaient-ils pas alors présentés comme les aborigènes du Japon ? Si l’on nuance désormais cette hypothèse, bien des clichés subsistent encore sur cette population que les soubresauts de l’Histoire ont condamnée, au fil des siècles, à l’asservissement puis à l’acculturation. Frappant les esprits par leur carrure, leur pilosité et le tatouage d’un bleu profond arboré par leurs femmes autour de la bouche, les Aïnous ont nourri bien des fantasmes, entachés parfois de racisme et d’incompréhension. En 1586,…