DES SCULPTURES LUMINEUSES
Dan Flavin (1933-1996) est exposé à la Venet Foundation au Muy qui réunit à l’occasion des trente ans de la disparition de l’artiste une dizaine d’œuvres emblématiques. Dan Flavin est un pionnier de l’utilisation de la lumière comme médium sculptural. Un hommage est donc rendu à cet homme solitaire, autodidacte, qui malgré des années d’étude, en histoire de l’art et en peinture, mène dès les années soixante, une réflexion radicale sur l’idée de séquence, de répétition en utilisant des tubes fluorescents industriels. Il pose les bases d’un langage rigoureux, fondé sur la structure, la modularité et la lumière. Ses créations sont des ouvertures sur l’espace qu’on ne regarde pas, on y participe, elles tirent profit du lieu de leur exposition. Il alterne les tailles des tubes, leur ordre, leur progression ou leur orientation. Il refuse une intervention manuelle sur le matériau. Une cohérence de concept dans ce médium si singulier dont le matériau dessine toujours un espace flottant avec lequel le spectateur forme un ensemble aux contours indéterminés … À voir en ce début d’automne ! Dan Flavin, « De simples tubes fluorescents », sélection d’œuvres, Venet Foundation, le Muy, France jusqu’au 3 octobre 2026.


REMARQUABLE ÉDITORIALISTE D’ARTPASSIONS
Christian Bernard, bâtisseur d’une histoire muséale, né en 1950 à Strasbourg, s’est éteint en août de cette année à l’âge de soixante-seize ans. Un temps professeur, critique d’art, entré en 1982 au cabinet du ministre de la Culture française où il sera actif dans la décentralisation, particulièrement vers le Sud, on lui devra aussi la création du Fonds régional d’art contemporain de la Région Rhône-Alpes. En 1985, nommé à la tête d’une école d’art à Nice, il en modifiera profondément l’enseignement. Pour Genève, il reste lié à la création du MAMCO qui ouvre ses portes en 1994. Depuis 1991, il travaillait à sa mise en place. Pilier de la vie culturelle genevoise jusqu’en 2015, il restera à la tête du MAMCO dont il en fait une institution de références. À ses yeux le musée devait être une expérience vivante, accessible à tous. Lui, le penseur a donné une chance à l’art contemporain, celle d’être vu autrement. Une audace muséale motivée par l’envie de générer des émotions et de susciter l’opportunité auprès de nombreux artistes auxquels il était dévoué et dont il valorisait le parcours. Pour inventer ce musée, alors sans collection, il développa son expérience d’un road-trip dans les années quatre-vingts effectué en Europe et en Amérique du Nord. Un rêve absolu qu’il a concrétisé à Genève tout en chassant la grandiloquence habituelle des musées. Il a voulu que le MAMCO soit prosaïque, que les œuvres ne soient pas « pompeuses », qu’elles émeuvent les visiteurs. En 2015, lorsqu’il quitte la scène genevoise, il est parti diriger le Nouveau Printemps de Toulouse. Il aura marqué la scène artistique, forgé l’identité de cette institution genevoise et en a renouvelé sa perception. Depuis 1966, Christian Bernard écrit et publie des poèmes en revues et en volumes, une activité presque confidentielle … mais l’Académie française lui a décerné son Grand Prix de Poésie en 2026 pour l’ensemble de son œuvre. Derrière la figure du directeur de musée, il demeurait un intellectuel. Il restera l’une des figures les plus stimulantes du paysage de l’art.
UN POP ART SOLAIRE
Esthétique et joyeuse, cette exposition est un clin d’œil à la chanson de Serge Gainsbourg … Une ode aux artistes pop et à leurs héritiers qui fait plonger le visiteur dans un univers imprégné de culture populaire et de couleurs. Des œuvres de Lichtenstein, une toile suggestive d’Axell, un surfeur en sculpture, un homard de Koons, un plafond d’eau sous lequel une œuvre surgit imaginée par Théo Mercier, attendent le public ! Un désir de liberté où règne un parfum de vacances … Une visite, à faire pieds nus selon les règles du site, agrémentée d’une bande-son qui ambiance le parcours ! Une parenthèse de fin d’été … Sex, Pop & Sun, Villa Carmignac, île de Porquerolles, France jusqu’au 1er novembre 2026.

L’ART DU PAYSAGE — EXPOSITION INAUGURALE
Plus d’une centaine de peintures et de pièces retraçant l’évolution de l’art du paysage, sur cent trente ans, sont présentées dans cette exposition automnale. À l’occasion du centenaire de la disparition de Claude Monet, le musée dévoile le cheminement d’un sujet très fécond : le paysage. Le parcours invite à observer comment les artistes ont transformé la nature en espace de création, d’émotion et d’invention. Le paysage apparaît bien plus qu’un décor, c’est un regard porté sur le monde. Derrière chaque sujet se dessine une manière d’habiter son époque ! Au fil de la visite, on découvre que l’héritage de Monet dialogue avec celui d’artistes qui, après lui, ont poursuivi l’exploration du paysage, ses variations atmosphériques, sa lumière changeante, ses effets de couleurs. Peu à peu le panorama s’émancipe de sa fonction descriptive et devient un territoire d’explorations. Ces œuvres réunies proviennent de périodes et de sensibilité différentes mettant en lumière la vitalité d’un genre longtemps considéré comme secondaire. Le public est invité à ralentir le regard et à redécouvrir la richesse de ces sites réels ou imaginés. Une jolie promenade qui rappelle combien l’environnement demeure un miroir de notre relation au monde. Ce parcours riche et varié rassemble de grands artistes rarement associés et ravira les visiteurs … Histoires de paysages. De Monet à Hockney (1893-2026), musée Marmottan Monet, Paris du 24 septembre 2026 au 31 janvier 2027.

INAUGURATION D’UN NOUVEL ESPACE
« Constellations », à l’automne 2026, rassemblera plus de deux cents chefs-d’œuvre du XIXe au XXIe siècle issus de la collection de la Fondation Beyeler, incluant de nouvelles acquisitions, des donations et des prêts, s’inspirant des sculptures de 1943 de Calder dont le titre était éponyme. Le public pourra découvrir le nouvel ensemble élargi, le nouveau bâtiment conçu par Peter Zumthor et une étendue du parc. Un dialogue entre art, nature et architecture… Une exposition toujours en mouvement qui, pendant un an, ravira les visiteurs et évoluera au cours des saisons. Quatre rétrospectives individuelles consacrées à des artistes renommées sont prévues tout au long de l’année : Ruth Asawa, Frida Kahlo, Louise Bourgeois, Elisabeth Peyton. Un programme à ne pas manquer ! « Constellations », Fondation Beyeler, Bâle, Riehen, automne 2026 jusqu’à l’automne 2027.

Sonia Zannettacci propose cet automne une exposition réunissant des artistes au langage différent mais avec un point commun : celui de déplacer l’objet hors de son contexte habituel. Arman, César, Christo, Klein, Spoerri, Villeglé, Tinguely, Niki de Saint Phalle entre autres… Depuis les années soixante, la célèbre galeriste leur a consacré des expositions personnelles, tous motivés par de nouvelles approches perceptibles du réel, conscients de leur singularité collective. Ils signèrent même le 27 octobre 1960, chez Yves Klein, le Manifeste du Nouveau Réalisme. Ces artistes utilisent des matériaux inédits pour les transformer en symboles du renouveau de la consommation de l’après-guerre. Ils rejettent l’idéalisation imaginaire voire l’abstraction. Cette exposition révèle la description d’une réalité banale et quotidienne par le regard critique, sur la société, de ces artistes engagés qui se caractérisent par un geste d’appropriation. À ne pas manquer ! Le Nouveau Réalisme, un recyclage poétique du réel urbain, galerie Sonia Zannettacci, rue Henri Fazy 4, 1204 Genève jusqu’au 31 octobre 2026.
MONOGRAPHIE INÉDITE
Contemporaine de Mary Cassatt et de Berthe Morisot, auxquelles on l’associe souvent, Eva Gonzalès (1847-1883) n’a jamais encore fait l’objet d’une telle rétrospective. Cette artiste a une sensibilité subtile et fut l’élève unique d’Édouard Manet. Soutenue par une environnement familial artistique attentif et cultivé, elle parvint à s’imposer dans un siècle qui laissait peu de place aux femmes artistes ! Avec près de cent œuvres réunies dans cette exposition, un hommage lui est rendu. Parisienne au talent précoce, modèle de Manet, elle a su développer une voie singulière entre la rigueur du maître et sa sensibilité. Portraits intimes, scènes domestiques, pastels lumineux, marines délicates composent son œuvre trop tôt interrompu par sa mort à trente-quatre ans. Restée longtemps dans l’ombre des grands noms de l’impressionnisme, elle retrouve enfin la lumière. Le choix des œuvres permet de mesurer son originalité et sa détermination, celles d’une femme actrice de son temps. Une redécouverte qui éclaire un chapitre incomplet de l’histoire de l’art … Eva Gonzalès (1847-1883), musée du Petit Palais, Paris jusqu’au 24 janvier 2027.

UN PATRIMOINE CULTUREL — TRAVERSÉE FASCINANTE SUR LES TRACES DES OISEAUX DU PARADIS
Cette exposition réunit près de deux cents œuvres : parures, peintures, spécimens naturalisés, pièces et accessoires de mode, objets d’art et ouvrages illustrés, retraçant la circulation et la représentation de ces oiseaux originaires des forêts luxuriantes de Nouvelle-Guinée. Ces êtres spectaculaires, objets de convoitise, de contemplations et d’inspiration, ont traversé les époques et les continents. Le parcours éclaire, sous le regard de l’histoire naturelle, de l’art, de l’écologie, la manière dont ces oiseaux ont été collectés, représentés et admirés au fil du temps en Océanie, en Asie et en Europe. Découvrir ces plumes éclatantes sous une vision renouvelée, en tenant compte des liens avec le vivant et les savoirs, tel est l’enjeu de cette exposition qui invite le public à une lecture contemporaine. Une plongée esthétique dans leur environnement naturel pour comprendre pourquoi ces oiseaux intriguent tant. Un voyage extraordinaire qui montre la prise de conscience dans notre rapport au vivant ! Plumes du paradis, voyages d’un oiseau extraordinaire de Nouvelle-Guinée, musée du Quai Branly, Paris jusqu’au 8 novembre 2026.

PRIX CULTUREL MANOR VAUD 2026
Le travail de Lucas Erin (1990-), artiste basé à Lausanne, s’articule autour de l’installation de la sculpture et de la vidéo. Il s’intéresse à la notion de contact dont les objets sont la trace, attentif à la question des relations entre intérieur et extérieur et à la frontière mouvante qui les sépare. Les objets trouvés ou les sculptures qu’il crée sont tous porteurs d’histoires. Nourri par des penseurs de la créolisation, l’artiste, dans le but de laisser advenir de nombreux possibles dans l’espace de l’exposition, récupère, déplace et associe. Il pense le jardin, son lien aux saisons, aux variations climatiques selon les latitudes et les temporalités spécifiques. Son travail a déjà fait l’objet de plusieurs expositions en créant des œuvres riches en symboles, en affects et en récits, entre paysages suisses et Caraïbes. Une réflexion pluriculturelle … Lucas Erin. La ronde, MCBA, Lausanne jusqu’au 14 février 2027.
La Fondation Bodmer à Cologny rouvre ses portes le 18 septembre 2026 après trois ans de travaux. Dans un écrin rénové, après une restructuration totale de l’espace, l’institution muséale dédiée aux livres et écrits anciens, dévoile ses nouvelles infrastructures mises aux normes écologiques et environnementales. Dans un concept nouveau et modernisé le musée devient plus inclusif et plus interactif avec une accessibilité universelle. Des outils de médiation permettent ainsi de profiter pleinement de la richesse des collections. Une nouvelle expérience muséale attend le public cet automne ! Réouverture officielle de la Fondation Bodmer avec une exposition permanente le 18 septembre 2026, Cologny, Genève.

TRAVERSÉE FASCINANTE SUR LES TRACES DES OISEAUX DU PARADIS
Cette exposition réunit près de deux cents oeuvres : parures, peintures, spécimens naturalisés, pièces et accessoires de mode, objets d’art et ouvrages illustrés, retraçant la circulation et la représentation de ces oiseaux originaires des forêts luxuriantes de Nouvelle-Guinée. Ces êtres spectaculaires, objets de convoitise, de contemplations et d’inspiration, ont traversé les époques et les continents. Le parcours éclaire, sous le regard de l’histoire naturelle, de l’art, de l’écologie, la manière dont ces oiseaux ont été collectés, représentés et admirés au fil du temps en Océanie, en Asie et en Europe. Découvrir ces plumes éclatantes sous une vision renouvelée,
en tenant compte des liens avec le vivant et les savoirs, tel est l’enjeu de cette exposition qui invite le public
à une lecture contemporaine. Une plongée esthétique dans leur environnement naturel pour comprendre
pourquoi ces oiseaux intriguent tant. Un voyage extraordinaire qui montre la prise de conscience dans notre rapport au vivant ! Plumes du paradis, voyages d’un oiseau extraordinaire de Nouvelle-Guinée, musée du Quai Branly, Paris jusqu’au 8 novembre 2026.
