EDWARD HOPPER LES PAYSAGES DE L’ATTENTE

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À travers plus de soixante peintures et aquarelles, l’exposition à la Fondation Beyeler met pour la première fois l’accent sur les paysages fascinants d’Edward Hopper (1882-1967). Un pompiste, seul. Une sombre forêt qui se dresse comme un mur et se refuse à être pénétrée. Le crépuscule, cette heure où l’obscurité silencieuse des bois affronte la lumière blanche de la station-service vide. Une route désertée par les automobiles, dont l’issue pourrait se révéler être une impasse. Cette œuvre dépeint de manière presque naturaliste un lieu : une station-service des carburants Mobiloil, dont l’emblème est le Pégase, une époque : le style du garage situant la scène dans les années quarante, une heure : la tombée de la nuit qui efface les repères, et pourtant elle est empreinte de mystère. Vient-il de l’immobilité inquiète du pompiste à l’affût d’un bruit, d’une apparition ? Du silence et des ombres menaçantes qui baignent le tableau ? Ce mystère suscite en nous un certain désarroi voire un sentiment de mélancolie. La peinture de Hopper a souvent été comparée à l’œuvre métaphysique de Giorgio de Chirico avec laquelle elle partagerait ce mystère et cette mélancolie de l’image. Mais alors que chez de Chirico le sentiment d’étrangeté…