GUERRE ET PAIX

0
161
Léon Tolstoï (1828-1910) Guerre et paix, livre III, partie 2, chap. 25, manuscrit autographe, [1865-1869] © Moscou, Musée national L. N. Tolstoï

Les trois grands textes sont là, exposés. D’abord l’Iliade, sous forme d’un manuscrit grec du XIIIe siècle. La guerre est décrite sur le mode chevaleresque et épique, mais sans en occulter la violence. C’est ensuite La Chartreuse de Parme, dont est présenté un exemplaire de l’édition originale, agrémenté d’un sobre envoi autographe de Stendhal : « avec les compliments de l’auteur. » Fabrice assiste à la bataille de Waterloo, sans comprendre que c’est une bataille : démenti infligé par avance à tous les reporters de guerre, qui prétendent parler de ce qu’ils n’ont pas vu, ne peuvent pas avoir vu. Enfin, clou de l’exposition, voici, d’une belle écriture penchée régulière, avec d’importants rajouts en marge, le manuscrit autographe d’un chapitre de Guerre et Paix : ce n’est plus un livre sur la guerre, mais contre la guerre. Tolstoï a commencé à l’écrire après la guerre de Crimée, à laquelle il a participé et dont l’a scandalisé le sacrifice inutile de dizaines de milliers de victimes. La fondation Martin Bodmer (et à ceux qui ne pourront s’y rendre on ne saurait trop conseiller l’épais catalogue abondamment illustré et commenté par la fine fleur des polémologues) nous emmène sur tous les champs…