La fureur de peindre de Jean-Michel Basquiat

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PHOTOGRAPH COURTESY OF SOTHEBY’S, INC. © 2018

Icône de l’art contemporain, Jean-Michel Basquiat fut un météore qui disparut en 1988, à l’âge de vingt-huit ans. Adepte des télescopages visuels, son pinceau électrique et rageur chahuta les codes et se fit le chantre de la cause noire. Démonstration éblouissante, cet automne, à la Fondation Louis Vuitton, à Paris. Par Bérénice Geoffroy-Schneiter   « Jean lisait Burroughs et Kerouac, écoutait de la musique funk et du jazz, et regardait la peinture […]. Coiffé d’une sorte de crête iroquoise peroxydée et rasée à l’avant, il était vêtu d’une combinaison de para tâchée de peinture dénichée dans un surplus de l’armée, et chaussé de souliers vernis noirs qu’on aurait dit fauchés à un mort le jour de son enterrement ». Décrit ainsi par Glenn O’Brien qui devait l’interviewer à plusieurs reprises au cours de sa fulgurante carrière, Jean-Michel Basquiat semble avoir d’emblée imposé sa singularité et son magnétisme irrésistible sur la scène underground new-yorkaise des années quatre-vingts. Né le 22 décembre 1960 à Brooklyn d’une mère d’origine portoricaine et d’un père haïtien, le jeune dandy savait, il est vrai, cultiver avec art le sens de la provocation et de la légende. Loin d’être issu du ghetto comme il aimait parfois le faire croire, Basquiat…