LA RONDE COSMIQUE DES POUPÉES KACHINAS

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Palhik Mana Katsina (Kachina Jeune Fille Papillon) Hopi, Arizona, vers 1900 Bois sculpté (cottonwood) et pigments naturels, hauteur 28 cm Ex collection James Economos, Santa Fe vers 2007. Ex collection Balene McCormick (1936-2016), ancienne présidente du Contemporary Arts Museum de Houston. Ex collection James F. Scott (1936-2017), Charlottesville, Géorgie © Galerie Flak - Photo : Courtesy of Sotheby’s

C’est une véritable histoire d’amour, sur fond de surréalisme, qui lie la galerie Flak aux poupées kachinas des Indiens Hopi et Zuni. En témoigne cette admirable exposition aux allures de ballet féerique, à voir de toute urgence cet hiver à Paris. «Cette poupée hopi évoque la déesse du Maïs : dans l’encadrement crénelé de la tête, vous découvrirez les nuages sur les montagnes ; dans ce petit damier, au centre du front, l’épi ; autour, de la bouche, l’arc-en-ciel ; dans les stries verticales de la robe, la pluie descendant dans la vallée. Est-ce là, oui ou non, la poésie telle que nous continuons à l’entendre » ? s’interrogeait André Breton en 1946, dans un entretien réalisé par le journaliste Jean Duché dans la revue Le Littéraire. Quelques décennies plus tard et vibrants d’ardeur pour la poésie surréaliste, Roland Flak et son épouse Edith succombaient à leur tour au charme insolent et poétique de ces ravissants « petits monstres » de bois, de graines et de plumes répondant au doux nom de « kachinas ». « Un jour, mon père est revenu de l’Hôtel Drouot, les yeux brillants d’excitation, avec une poupée glissée sous son bras. Et ce fut la…