L’art de Monique Jacot. La matrice du rêve.

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Sans titre [série végétale], non daté Transfert Polaroid sur papier Fabriano, 500 x 355 mm Cabinet cantonal des estampes Collection de la Ville de Vevey Musée Jenisch Vevey © Photo Julien Gremaud

le Musée Jenisch rassemble pour la première fois une centaine d’œuvres inédites de Monique Jacot. Ses héliogrammes et ses transferts nous rappellent que la photographie est aussi un art matérialisé. «Des mots qui m’accompagnent : strate, passage, équanimité, résonance, métaphore, empreinte, chaos, empirisme, métissage tels des sillons, j’aime qu’ils apparaissent dans mes images ». Ainsi Monique Jacot définissait-elle son univers en 2002. Elle  évoquait dans cette phrase aussi bien son art que son monde intérieur : les images sont pour elle le lieu de la manifestation de l’intériorité. La photographie est la pure expression de l’espace du dedans, et non, simplement, une trace fidèle du monde extérieur. C’est une artiste mûre qui prononce ces mots en un temps où elle a su transformer son médium, le renouveler, pour en faire le lieu d’une étrange conjonction. Née à Neuchâtel en 1934, l’artiste a d’abord emprunté une trajectoire conforme à ce qu’un photographe professionnel pouvait espérer de mieux dans la seconde moitié du XXe siècle : photojournaliste, elle livre des reportages au long cours et des travaux plus évènementiels. Elle collabore aux grands illustrés du temps, portraiture de célèbres  personnalités suisses et d’ailleurs, travaille pour l’Organisation mondiale de la Santé, ce qui lui ouvre…