Les bijoux de Chanel: une pluie d’étoiles sur la haute joaillerie

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par Bérénice Geoffroy-Schneiter, historienne du bijou « Je veux être de ce qui va arriver », tel était l’adage de Gabrielle Chanel, l’une des créatrices les plus iconoclastes et avant-gardistes du XXe siècle. Non contente d’avoir révolutionné la haute couture en créant ce subtil équilibre entre élégance et modernité, la « dame en noir » fit jaillir de l’ombre des étoiles filantes et des comètes de diamants qui éblouirent le tout-Paris des années trente. Quelque 80 ans plus tard, la maison Chanel revisite ce patrimoine, qui n’a pas pris une ride… On connaissait d’elle ses tailleurs faussement stricts à la coupe irréprochable, ses petites robes noires simplissimes et intemporelles. On la disait ambitieuse, cassante, mais aussi séductrice, ludique, débridée, amie des poètes et des artistes tels Cocteau, Stravinsky, Picasso, Dalí… L’ancienne petite pensionnaire qui eut la vie rude et batailla énergiquement contre le mauvais sort à coups de ciseaux avait aussi une passion secrète : celle des bijoux qui rehaussent de leur éclat le grain d’une peau, qui illuminent l’austérité d’une silhouette volontiers androgyne… Ses premières créations furent pourtant « de chic et de choc », résolument fantaisistes, rompant avec la sacro-sainte image de la femme bourgeoise exhibant aux yeux…