Les rêveries orientales de Rembrandt

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Rembrandt Harmensz van Rijn Portrait en buste d'un homme habillé à l'orientale, 1635 Huile sur panneau de chêne 72 x 54,5cm Rijksmuseum Amsterdam, Donation Kessler-Hülsmann
Rembrandt Harmensz van Rijn Portrait en buste d'un homme habillé à l'orientale, 1635 Huile sur panneau de chêne 72 x 54,5cm Rijksmuseum Amsterdam, Donation Kessler-Hülsmann

Le Kunstmuseum de Bâle dévoile l’image rêvée de l’Orient chez Rembrandt et dans la peinturenéerlandaise du Siècle d’Or. Atlas et globes terrestres sur une nappe aux broderies chinoises; tapis oriental; secrétaire marqueté d’ivoire et d’ébène; sabres et porcelaine du Japon; tatou empaillé: voilà l’inventaire des trouvailles exotiques qui peut être établi d’après le Coin de chambre avec curiosités peint par Jan van der Heyden (ill. ), celui d’un opulent cabinet de curiosités hollandais sorti de l’imagination du peintre. A lui seul cependant, ce tableau vient démontrer l’étendue de la connaissance des terres lointaines et des objets exotiques à laquelle l’élite fortunée des Pays-Bas du Nord, grande puissance maritime de l’époque moderne, avait accès. À Amsterdam, siège de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales et occidentales, ce sont des raretés du monde entier qui circulaient alors durant ce XVIIème siècle. Une lettre de l’un de ses célèbres résidents, le philosophe René Descartes, envoyée à un ami en mai 1631, en témoigne: « Dans quel autre lieu du monde trouverait-on, comme dans cette ville, toutes les marchandises et toutes les curiosités que l’on peut souhaiter?» écrivait-il alors. Destinés à la consommation de luxe ou à la collection, ces «Artificiala», «Naturalia» ou «Ethnografica»…