Max Beckmann : peintre d’histoire et moraliste

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Il existe au moins deux raisons impératives de faire le voyage de Potsdam, l’ancienne capitale de la Prusse, aux portes de Berlin, presque entièrement détruite par les bombardements alliés en avril 1945, puis rasée par les Soviets et transformée en cité interdite abritant le centre de contre-espionnage russe : le tout nouveau Musée Barberini et l’exposition Max Beckmann : Welttheater, qui s’y tient depuis le 24 février et jusqu’au 10 juin 2018 encore. Le Palais Barberini de Potsdam tient son nom du Palazzo Barberini de Rom, édifié cent cinquante ans plus tôt. C’est le modèle qu’a suivi l’architecte Carl von Gontard, mandaté, en 1771, par Frédéric II, l’ami de Voltaire,  de parachever les abords de la place du Vieux Marché. Gontard réunit donc une série d’habitations bourgeoises derrière une somptueuse façade, mélangeant classicisme et baroque, dans le style du Grand Siècle. Totalement démolis en 1945, remplacé par un parking, tout comme le Stadtschloss voisin, construit vingt ans plus tôt par le célèbre Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff, à qui Frédéric II avait également confié la réalisation du palais de Sansouci, ces deux monuments viennent d’être reconstruits à l’identique, du moins pour ce qui est des façades. Une entreprise qui n’a pas manqué de…