Sandro Chia l’alchimiste narquois

0
149
Senza titolo, 1978 Huile sur toile, 60 x 65 cm © Matteo Crosera

Le plus éclectique, théâtral et parodique des cinq « mousquetaires » de la Trans-avant-garde italienne n’avait encore jamais fait l’objet d’une rétrospective en Suisse. À Locarno, la Casa Rusca -qui a fait des « premières » helvétiques son empreinte- comble la lacune avec panache. Françoise Jaunin   The Hand Game, 1982Huile sur toile, 232 x 203 cm© Matteo Crosera Des corps lourds et pourtant flottants de héros du quotidien ordinaire, des visages mélancoliques et des ciels rouges ou mouchetés où passent les ombres de Chagall ou Chirico, Matisse ou Picasso : l’oeuvre de Sandro Chia pratique une forme d’alchimie qui imbrique intimement sa vie et son imaginaire privés avec l’histoire de l’art et son grand magasin d’images où il s’en va chercher ses maîtres et ses références. En « porteur d’une culture européenne » et d’une âme italienne, Chia convoque les grands figuratifs expressionnistes et fauves du XXe siècle, tout en réservant la primauté à l’italianité : sa Renaissance, son maniérisme, son futurisme et sa peinture métaphysique. Mais il n’en n’est pas moins et avant tout un homme de la postmodernité, soit d’une époque -à partir de la fin des années soixante-dix- qui a voulu rompre avec les doctrines des avant-garde et la tyrannie de la nouveauté…