Les fenêtres des musées

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Karine Tissot « Ce qu’il y a de mieux dans les musées, ce sont les fenêtres », affirmait Pierre Bonnard. Il est en effet difficile de rester indifférent à la beauté de la vue qui s’offre depuis les fenêtres de la Fondation de l’Hermitage à Lausanne, quelle que soit l’exposition présentée en ses murs. Cette situation privilégiée devant un paysage de rêve était propice à recevoir la seconde étape de Fenêtres, de la Renaissance à nos jours, exposition préalablement montrée à Lugano. Henri Matisse Nice, cahier noir, 1918 À Lausanne, l’exposition commence avec une vanité datant du XVIIe siècle et pose le cadre symbolique de la fenêtre (dont le reflet se découvre sur un verre à vin) : un lieu de passage, à l’instar de notre existence, éphémère. Les artistes contemporains sont nombreux à travailler la fenêtre en tant que motif, image ou support. Artiste helvético-américain, Christian Marclay, par exemple, intervenait l’an dernier sur les très hautes fenêtres de la façade du Palais de Tokyo à Paris en jouant sur la reproduction en transparence d’onomatopées inspirées de mangas japonais. Renouvelant notre perception de l’espace par une géométrie abstraite, Daniel Buren est connu pour appliquer des vinyles colorés autoadhésifs sur des…