Turner, voyageur infatigable au pays de l’aquarelle

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Une Villa. Clair de lune (Une villa un soir de bal) pour L’Italie de Samuel Rogers, vers 1826- 1827, crayon et encre, graphite et aquarelle sur papier, 24,6 x 30,9 cm Tate, accepté par la nation dans le cadre du legs Turner 1856 Photo © Tate

Camille Lévêque-Claudet Le musée Jacquemart-André à Paris présente soixante-dix œuvres du maître anglais de l’aquarelle, Joseph Mallord William Turner. Lorsque Turner, fils d’un barbier londonien, emploie l’aquarelle pour la première fois à la fin des années dix-sept cent quatre-vingts, ce médium était principalement utilisé par des architectes, des topographes militaires, des cartographes, et surtout par les artistes amateurs. L’aquarelle était encore considérée comme un art mineur et son principal thème, le paysage, figurait parmi les moins considérés de la hiérarchie des genres. Cela n’empêche pas Turner de relever, en quelques années, le défi de s’imposer sur la scène artistique avec des paysages aquarellés. Les voyages nombreux qu’il entreprend dès le début de sa carrière lui offrent autant de sujets nouveaux et contribuent sans cesse à élargir son champ d’investigation. Jumièges, vers 1832, gouache et aquarelle sur papier, 13,9 x 19,1 cmTate, accepté par la nation dans le cadre du legs Turner 1856Photo © Tate Les œuvres de Turner inspirées de ses séjours au Pays de Galles, où l’artiste se rend cinq fois de 1792 à 1799, embrassent le monde sauvage et sublime des paysages montagneux. La technique qu’il avait apprise en tant que dessinateur topographe et dessinateur d’architecture, ne l’avait…