Dance Me to the End of Love. Ein Totentanz par Robert Kopp

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Attirer le public à l'exposition
Gustav Klimt, Goldfische, 1901 – 1902 Kunstmuseum Solothurn, Dübi-Müller-Stiftung

Point de départ de cette exposition sur Eros et Tanatos, une danse des morts commandée en 1543 par l’évêque de Coire pour son palais d’après les célèbres gravures sur bois de Hans  Holbein. Un cycle de vingt-cinq panneaux qui viennent d’être restaurés à grands frais et qui permet à Stephan Kunz et à Stefan Zweifel de convoquer deux millénaires de memento mori, de l’Antiquité à Pollock et à Tinguely, en passant par Dürer, Rodin, Klimt, Markus Raetz, Andy Warhol, Willem de Kooning. Sans oublier Vaslav Nijinsky, Sophie Taeuber-Arp et Maurice Béjart. Car c’est bien cette danse au bord de l’abîme, cette fascination du gouffre, préfigurée par la petite mort, qui est au centre de ce parcours, qui intègre le film aussi bien que la culture pop et des objets provenant de cabinets de curiosité. Culte des morts des anciens, mystères médiévaux, scènes de cabaret, contes fantastiques, jamais les hommes n’ont cessé de naviguer entre la peur, l’extase, la dérision, l’effronterie. Braver la mort, l’apprivoiser, la nier, la conjurer, la tromper, la fuir, la désirer, jouer avec elle: les artistes ont tout fait pour nous la rendre sensible et nous permettre de vivre avec elle. Car, enfin, c’est la grande question de la vie.

Vue de l'exposition
v.l.n.r. Martin Schmid (The Written Face), Andy Warhol (Dance Diagram (6)) (auf dem Boden liegend), Willem de Kooning (Hostess) (auf Sockel) und (Ohne Titel)

Elle préoccupait aussi les poètes, dont Baudelaire, qui disait dans La Mort des pauvres : « C’est la Mort qui console, hélas ! et qui fait vivre ; / C’est le but de la vie, et c’est le seul espoir/ Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre, / Et nous donne le cœur de marcher jusqu’au soir. » Une exposition transdisciplinaire, jubilatoire, en dépit de la gravité du sujet.

 

Bündner Kunstmuseum, jusqu’au 22 novembre