DAU – FOLIE OU GÉNIE ?

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Début 2019, l’intelligentsia française s’est agitée à propos de cette réalisation sulfureuse. « Happening prétentieux » aux yeux de certains, « chef-d’œuvre de l’art contemporain » pour d’autres, le film fleuve du Russe Ilya Khrzhanovsky s’avère l’une des tentatives filmiques les plus radicales de l’histoire. Paris aime s’embraser pour des polémiques culturelles dont elle a le secret. On dit que cela alimente les dîners en ville. En tout état de cause, l’expérience DAU, inaugurée par trois des plus grandes institutions artistiques parisiennes (le Théâtre de la Ville, le théâtre du Châtelet, et le centre Pompidou), présentait tous les ingrédients nécessaires. Sans doute parce que DAU appartient à ces créations hybrides, dont la description réclame un paragraphe explicatif entier. Jouons le jeu : qu’est-ce exactement que cette œuvre censée reproduire au microscope, l’atmosphère de la Russie soviétique ? Ce sont d’abord treize long-métrages, d’une durée totale excédant vingt heures, projetés dans chaque recoin des musées susmentionnés, et mêlant leurs spectateurs à une foule d’acteurs en circulation libre, dans le dessein d’aboutir à l’immersion la plus authentique. Ajoutons à cela des spectacles de danse dans divers amphithéâtres en travaux, des concerts impromptus, un vrai-faux bar en sous-sol, un labyrinthe porno, un restaurant…