Jean Mohr, la folle fringale de photographier

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Cela deviendrait presque une habitude : Jean Mohr ouvre de nouveau ses archives photographiques et présente quelques-uns de ses tirages, commentés et classés en treize catégories par l’artiste. Le cadre : la Maison Tavel.   1963, Suisse, Simplon Le cadrage est serré, ne laisse voir que le visage : le couvre-chef est coupé, de même que les poils les plus longs de cette barbe blanche fournie. Mais ce qui frappe surtout, dans ce portrait d’un montagnard pakistanais rencontré sur une route de montagne en 1989, c’est l’intensité du regard et la proximité avec le modèle. Dans le commentaire de ce portrait, le photographe évoque « une entente facile », malgré l’absence de langue commune. Les quelques bribes d’italien qu’il parle en 1977 ne lui ont sûrement pas été d’un plus grand secours lorsqu’il photographie ce sans-abri dans les rues de Florence, mais la puissance du regard, et donc de l’image, est identique. Cette proximité avec ses modèles, cette puissance, Jean Mohr l’obtient par sa simplicité et sa réserve. Nicolas Bouvier, ami et admirateur du photographe, évoque une non-intervention sur la chose photographiée, ce qui se traduit par une profondeur et une résonnance. C’est une caractéristique fréquente des portraits de Jean Mohr, qui ne manifestent jamais,…