Jules Adler, peindre sous la Troisième République

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Jules Adler, L’Accident, 1912 Huile sur toile Centre national des arts plastiques, Paris En dépôt au musée des Beaux-Arts de Dijon © ADAGP, Paris 2018
Jules Adler, Le Trottin, 1903
Huile sur toile
Musée des beaux-arts de Reims
© ADAGP, Paris 2018

Du 3 mars au 21 mai 2018, le Palais Lumière d’Évian présente l’exposition « Jules Adler, peindre sous la Troisième République ». Collections publiques et privées se sont réunies afin de proposer un parcours en neuf étapes : devenir peintre, Luxeuil et la Franche-Comté, les rues de Paris, les figures populaires, la mine, le voyage, la Grande Guerre, les chemineaux et la peinture d’histoire.

Jules Adler (1865-1952) est le peintre du peuple, des ouvriers et de la misère, préoccupé par l’actualité des luttes sociales. Il s’intéresse surtout au petit peuple des villes, Paris essentiellement, où il vit et où sa carrière débute. Sa peinture participe pleinement à l’engouement pour le naturalisme du régime républicain installé depuis 1870.

Ces années sont celles du développement d’un langage singulier au sein du naturalisme, celles des toiles comme La Rue, Les Las, La Soupe des pauvres où l’artiste affirme une palette sombre pour peindre la misère sociale. Celles où il descend dans les mines de Charleroi pour représenter ce « pays noir », celles où il part au Creusot observer, dessiner et peindre les luttes des ouvriers des usines Schneider.

Jules Adler, Les Fumées, 1924
Huile sur toile
Musée des Ursulines, Macon
© ADAGP, Paris 2018

Plus rarement à cette époque, Adler peint certains sujets plus légers, fêtes populaires ou petits métiers des rues, pour lesquels sa palette s’éclaircit et se colore. Ces hésitations entre une peinture socialement très engagée et une vision plus « anecdotique » de la société, se doublent d’une manière qui hésite entre une peinture épaisse et pâteuse, une touche brossée presque impressionniste, et une facture lissée au dessin très présent qu’il choisira finalement franchement après la guerre de 14-18.

Au tournant de 1908 -1910, le peintre des luttes urbaines et sociales laisse peu à peu la place au peintre humaniste qui désormais représente « les humbles » plutôt que la misère, et retrouve les campagnes, basculement qui s’affirme après le traumatisme de la Grande Guerre.

Jules Adler, Autoportrait, 1929
Huile sur toile
Collection particulière
© ADAGP, Paris 2018

Adler, peintre de la seconde génération naturaliste, n’avait encore jamais fait l’objet d’aucune grande exposition. Malgré sa longue vie et carrière parisienne au Salon des artistes français, malgré son importante production, malgré les très nombreux achats que lui fit l’État français, malgré la richesse et la qualité d’une grande partie de son oeuvre, Adler a longtemps fait partie de ces artistes en partie oubliés de l’histoire. Cette exposition est l’occasion de réécrire et de découvrir l’oeuvre complexe de ce peintre, prise entre modernité et académisme.