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le Musée du Louvre présente la collection du marquis Campana

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Collection du marquis Campana

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1.-Allégorie-du-Printemps-de-la-collection-Campana-I

Jusqu’au au 26 janvier 2019, le Musée du Louvre présente (Hall Napoléon) une exposition intitulée Rêve d’Italie. Organisée avec l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, elle est consacrée, comme son sous-titre l’indique, à la collection du Marquis Campana.

Giampietro Campana di Cavelli (1807-1880) avait réuni dans ses résidences de Rome une immense collection d’objets d’art, dont des antiquités grecques, étrusques et romaines, découvertes en Italie. Administrateur du Mont-de Piété, il fut accusé de malversation par l’Etat pontifical, qui mit la collection sous séquestre en 1857.

La vente qui s’ensuivit quelques années plus tard (1861) eut pour conséquence la dispersion de l’ensemble. Heureusement, la plus grande partie aboutit dans deux grands musées, celui de l’Ermitage et celui du Louvre. Pour ce qui regarde le second, Napoléon III, qui régnait alors, s’était personnellement impliqué dans l’achat, à cause d’un ancien lien d’amitié qui l’attachait au Marquis. Et c’est ainsi qu’entrèrent au Louvre quantité de chefs-d’œuvre, dont une série inégalée de vases antiques, qui prirent place dans une galerie aménagée tout exprès et qui porte encore aujourd’hui le nom du collectionneur. Quelques pièces significatives furent néanmoins réparties dans les musées de province.

Fait peu connu : la relation de Campana avec Genève. Contraint à l’exil, celui-ci y trouva refuge en 1865. Sur place, il prit un avocat pour défendre ses intérêts, David Moriaud. Or il était désargenté, si bien que, ne pouvant régler les honoraires, il le dédommagea en lui offrant six antiquités de sa collection, qu’il avait pu emporter avec lui : une tête de jeune satyre, une tête de Pan, une tête d’Hercule, une tête d’enfant, une statuette acéphale et un torse, pourvu d’une tête de Pan, rajoutée par un restaurateur fautif ou peu scrupuleux.

Ces antiquités passèrent par héritage au fils de David Moriaud, Paul Moriaud. En 1943, la femme de celui-ci, Kitty Moriaud, les légua au Musée d’art et d’histoire, où elles se trouvent encore. Elles sont publiées dans Jacques Chamay et Jean-Louis Maier, Sculptures en pierre du Musée d’art et d’histoire, vol.I Art grec ( 1990 ), nos 33, 35, 56 et 99 ; vol. II Art romain (1989), nos 51 et 77. Sur la collection en général, lire Waldemar Deonna, « Antiquités de la collection Campana à Genève », dans Genava 9 ( 1931 ), pp. 103-105.

A Genève, Campana chercha aussi de l’aide auprès du riche collectionneur et mécène Gustave Revilliod (créateur du futur musée Ariana, légué à la Ville en 1890), auquel il réussit à vendre quelques objets.

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A propos de Revilliod, on peut rappeler qu’il répondit à la sollicitation d’une autre personnalité exilée à Genève, la fameuse Lola Montez, maîtresse de Louis Ier de Bavière, détrôné en 1848. Il lui acheta, outre une sculpture en bronze de Johannes Leeb, quelques vases considérés alors comme antiques, tous cadeaux du roi, aujourd’hui au Musée d’art et d’histoire. Voir Jacques Chamay, « Quand on falsifiait les vases grecs », dans Genava 42 (1994), pp. 23-28.

Ajoutons que le Musée d’art et d’histoire conserve un tableau, attribué autrefois à Raphaël, qui a appartenu au Marquis Campana. Celui-ci l’avait vendu à un certain Siegfried Sichmond, qui s’avéra un personnage douteux (arrêté pour escroquerie en 1867 ).

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