Du 6 au 28 juin, sous le plus vieux pont de Paris, il ne pose pas un objet sur le monument : il rouvre la pierre dont il est né. Sur 120 mètres et 80 arches d’air, une toile imprimée déploie un trompe-l’œil de calcaire lutétien et fait reparaître, par l’image, la carrière d’où sortait, en 1607, la pierre du pont. Aucune fondation, aucune atteinte au monument.
Le déplacement est aussi sensoriel. Thomas Bangalter, ancien des Daft Punk, sculpte une matière acoustique destinée à minéraliser le passage ; Snap Inc. y ajoute une couche de réalité augmentée, gratuite, qui prolonge l’œuvre dans le geste du visiteur.
Une génération d’artistes cesse de plaquer une forme sur le patrimoine. Elle l’écoute, le creuse, le rouvre. 41 ans après Christo et Jeanne-Claude, le geste a changé d’axe : nous ne couvrons plus le monument, nous lui rendons sa nuit minérale.
Reste une question pour celles et ceux qui façonnent la ville : à quelles conditions une œuvre que l’on sait éphémère laisse-t-elle une trace durable dans la mémoire d’un lieu ?









