Un porte‑conteneurs, à première vue, n’offre rien de spectaculaire. Yvan Salomone choisit pourtant cet espace fonctionnel comme point d’ancrage du regard. Pour en éprouver la matière et la durée, l’artiste embarquait en 2019 pour une traversée transatlantique de quarante‑deux jours, caméra à l’épaule. Le film issu de cette expérience : 42 jours, annonce l’exposition 26¹¹ présentée à Genève par la galerie Sonia Zannettacci du 7 mai au 10 juillet.
À l’aquarelle, Salomone prend pour motifs des architectures anonymes, des zones industrielles et des paysages utilitaires. Né à Saint‑Malo, l’artiste s’impose un protocole strict : une feuille de 97 × 138 cm, une semaine de travail, un titre composé de onze lettres choisies parmi les vingt‑six de l’alphabet. 26¹¹ désignant ainsi l’infini des combinaisons. Présente dans de nombreux musées et collections internationales, son œuvre témoigne d’un style intemporel, surprenant, attentif à la transformation du réel.
L’expérience filmique et le travail pictural avancent en parallèle, du temps long accordé au réel à sa transformation par la couleur. Par la précision des gammes et les vibrations installées dans la surface, Salomone opère un déplacement. La banalité, observée avec constance, acquiert une densité nouvelle. Ce qui paraissait purement fonctionnel s’affirme comme un territoire.
Yvan Salomone, 26¹¹. Galerie Sonia Zannettacci, 16 rue des Granges, 1204 Genève. Du 7 mai au 10 juillet 2026. Vernissage jeudi 7 mai de 16 à 21 heures. 42 jours, Ciné 17, mercredi 6 mai à 11h30.













