Mini, mini, mini

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Le musée Rath, à Genève, présente jusqu’à la fin du mois de septembre une sélection d’œuvres issues de la collection du MigrosMuseum für Gegenwartskunst. Amorcée en 1957 par Gottlieb Duttweiler, le fondateur des coopératives Migros, dans une optique de soutien à la création artistique, cette collection austère où l’art minimal et l’art conceptuel tiennent le haut du pavé, débouche logiquement sur une exposition ardue, voire rébarbative, mais également stimulante par les réflexions qu’elle permet de nourrir. Pas de mensonges donc ; il faut vraiment s’accrocher pour tirer le meilleur parti de cette exposition à l’accrochage lui-même minimal. Bien sûr, l’exigence vaut toujours mieux que l’indigence, et si l’on se rappelle que le Rath avait, il y a quelques années, présenté la peinture de Le Corbusier comme une révélation, on ne peut que se réjouir de cette volte-face et de cette exposition qui ne cherche pas à être l’exposition de l’été. Néanmoins, certains partis pris apparaissent discutables. Les aides à la visite frôlent – par en-dessous – le minimum syndical, la seule pièce bénéficiant d’un texte de salle étant Minus, de Christoph Büchel, paradoxalement l’une des plus littérales et partant, l’une des plus compréhensibles par elle-même. Présentée comme une occasion d’examiner les…