DAMIEN HIRST – LA CERISE NE CONNAÎT PAS LA CRISE

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Le surprenant artiste britannique connaît sa première grande exposition personnelle à la Fondation Cartier à Paris, dans une tonalité végétale nouvelle pour lui, plus apaisée. On oublie bien souvent que les artistes et les écrivains sont confrontés avant tout au monde commun, qu’avec un peu de pédantisme on pourrait appeler le Lebenswelt, ou monde préscientifique, pour citer les phénoménologues. C’est à ce monde-là qu’ils ont eu affaire – inter fæces et urinam nascimur – avant d’avoir affaire à cette sous-réalité (sans aucune connotation péjorative, bien sûr, mais une bulle parallèle) qu’est le monde de l’art ou de la littérature, bref celui de la représentation. L’écrivain anglais Will Self – un compatriote de notre sujet du jour, et peut-être l’un des cinq plus grands écrivains britanniques vivants – avait là-dessus une réflexion originale autant que provocatrice : comme il le disait à Nelly Kaprièlian des Inrockuptibles – hebdomadaire récemment devenu mensuel – en 2015 : « Parfois, je pense que les critiques [littéraires, ndlr] sont obsédés par l’intertextualité, parce qu’ils passent leur vie à lire des livres. » Intéressante idée, qui rejoue le match de Proust contre Sainte-Beuve (le premier, jaloux de sa vie privée, le second inspecteur de sous-vêtements et lecteur de tabloïds). L’essentiel,…