Vienne mise à nu par ses artistes mêmes …

0
194
Gustav Klimt Paysage de jardin avec colline (Jardin paroissial), 1916 Huile sur toile, 110 x 110 cm Kunsthaus Zug, Zoug, Stiftung Sammlung Kamm Photo : © Kunsthaus Zug, Alfred Frommenwiler

Pour sa première exposition temporaire, le MCBA nouveau se met à l’heure viennoise. Si Klimt, Schiele et Kokoschka ne sont pas rares en cimaises, c’est ici un regard radicalement neuf et éclairant qui est porté sur l’ensemble de cette autre avant-garde si singulière. Françoise Jaunin « À fleur de peau, Vienne 1900. De Klimt à Schiele et Kokoschka », annonce l’affiche. Beau sujet, mais pas très original soupirent les grincheux. Faux : le regard porté ici sur cette époque flamboyante est inédit. Si la première exposition temporaire du MCBA sur son site de Plateforme 10 (cent quatre-vingts peintures, dessins, sculptures et objets d’arts appliqués) prend le risque de s’emparer d’artistes habitués aux feux de la rampe, c’est pour mieux projeter sur eux une autre lumière et les repenser selon une perspective très différente. « Vienne 1900, c’est une histoire de peau », affirment Catherine Lepdor et Camille Lévêque-Claudet, conservatrice en chef et conservateur au MCBA qui co-signent cette exposition de portée internationale. La peau comme surface sur laquelle viennent affleurer à la fois ce qui monte du dedans et ce qui arrive du dehors. La peau comme interface entre l’homme et le monde ; comme frontière entre soi et les autres ; et même comme intersection entre…