DAVID LE NORMAND

0
194
Benoît Dauvergne
Benoît Dauvergne

Au moment où j’écris ces lignes, confiné, en France, j’ignore si l’indispensable isolement généralisé, si le ralentissement salvateur de la société aura pris fin, un peu partout, lorsqu’elles seront imprimées ou lues. Je veux y croire! et je fêterai la chose en allant visiter à nouveau, le matin du premier jour des réouvertures, la réconfortante et réjouissante exposition que je veux évoquer ici, – il y a une semaine j’y ai couru. J-1 : demain, Paris sera reconfiné, chacun cherche quelque fraîcheur à emporter dans sa thébaïde, derniers verres, CD, livres, couleurs… Il pleut une petite pluie agaçante rue de Téhéran, mais on y trouve la Galerie Lelong & Co., où le subtil David Hockney – si subtil que certains ne voient dans son œuvre que jeu d’enfant – présente ses dernières toiles: ma piqûre de gaieté. Intitulée Ma Normandie, l’exposition nous plonge dans la petite propriété récemment achetée par le peintre anglais non loin de Dives-surMer – où en 1066 avait appareillé Guillaume le Conquérant –, en terres poussiniennes donc, et flaubertiennes, et proustiennes. Pourquoi s’être installé ici et s’être éloigné de Los Angeles? Pour travailler. David Hockney vit là dans le motif, au milieu d’un univers plus éloquemment…