Matisse, l’artiste et ses pairs

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Par Camille Lévêque-Claudet Présenté comme une personnalité singulière, installé sur un piédestal, Matisse fut longtemps isolé du contexte culturel dans lequel il évolua. Pourtant, tout au long de sa carrière, l’artiste tissa des liens avec ses pairs et se tint au cœur des débats artistiques dont son œuvre se nourrit. Arrivé à Paris en 1891, Matisse suit tout d’abord les cours du peintre académique William Bouguereau, à l’Académie Julian, un enseignement dans lequel l’art du XVIIIe siècle, les sujets mythologiques éthérés comme le portrait mondain et surtout la facture léchée sont tenus en modèles. Très vite, Matisse, dont les ambitions esthétiques sont autres, s’oppose à son maître et part étudier à l’École nationale des Beaux-Arts en tant qu’élève libre (il a échoué au concours d’entrée), auprès de Gustave Moreau qui encourage dans son enseignement l’expression personnelle. En plus de l’étude des maîtres anciens, de la saisie sur le vif du motif, Moreau invite ses élèves à expérimenter la dissociation du dessin et de la couleur, recherches qui trouveront leur écho dans le fauvisme et dans les premiers travaux de Matisse comme Autoportrait (1900), où dessin et couleurs sombres et stridentes semblent lutter pour construire avec puissance et audace, plan par plan, le visage et le corps du modèle.  

Par Camille Lévêque-Claudet

Présenté comme une personnalité singulière, installé sur un piédestal, Matisse fut longtemps isolé du contexte culturel dans lequel il évolua. Pourtant, tout au long de sa carrière, l’artiste tissa des liens avec ses pairs et se tint au cœur des débats artistiques dont son œuvre se nourrit.

Arrivé à Paris en 1891, Matisse suit tout d’abord les cours du peintre académique William Bouguereau, à l’Académie Julian, un enseignement dans lequel l’art du XVIIIsiècle, les sujets mythologiques éthérés comme le portrait mondain et surtout la facture léchée sont tenus en modèles. Très vite, Matisse, dont les ambitions esthétiques sont autres, s’oppose à son maître et part étudier à l’École nationale des Beaux-Arts en tant qu’élève libre (il a échoué au concours d’entrée), auprès de Gustave Moreau qui encourage dans son enseignement l’expression personnelle. En plus de l’étude des maîtres anciens, de la saisie sur le vif du motif, Moreau invite ses élèves à expérimenter la dissociation du dessin et de la couleur, recherches qui trouveront leur écho dans le fauvisme et dans les premiers travaux de Matisse comme Autoportrait (1900), où dessin et couleurs sombres et stridentes semblent lutter pour construire avec puissance et audace, plan par plan, le visage et le corps du modèle.

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