L’ART DE LIRE

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TADAO ANDO: UNE ARCHITECTURE POUR LE CORPS ET L’ESPRIT « J’aimerais, si cela m’est possible, réaliser des édifices qui dureront toujours, pas du point de vue matériel ou stylistique, mais qui resteront gravés dans le cœur des hommes. Pour m’approcher au plus près de cet idéal, je pousse à l’extrême la quête d’épuration dans mes réalisations, qui pourraient finir par ressembler à des toiles vides. Et si ce “vide” parvenait à attirer la lumière et le vent, l’espace ainsi créé en serait animé ». C’est en ces termes mystiques et humbles tout à la fois que le grand architecte japonais Tadao Ando (voir également page 57) décrit son travail et ses interventions minimalistes réalisées aux quatre coins du monde. Accompagnant la rétrospective qui lui est consacrée cet hiver au Centre Pompidou, l’ambitieuse monographie publiée aux éditions Flammarion fourmille de rares documents d’archives (photographies noir et blanc, maquettes, carnets de voyage, dessins au crayon…) qui éclairent de façon inédite la démarche si singulière de l’artiste. Car ce disciple nippon de Le Corbusier a hissé l’usage du béton et l’emploi du vide au rang d’œuvres d’art. Imprégnées de traditions shintoïstes, ses architectures minimalistes offrent ainsi une synthèse parfaite entre l’Occident et l’Extrême-Orient,…