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Bacon – Giacometti à la Fondation Beyeler

Article complet

Alberto Giacometti et Francis Bacon, 1965
Tirage gélatino-argentique
Photo : © Graham Keen

Du 29 avril au 2 septembre, la Fondation Beyeler présentera deux protagonistes exceptionnels et visionnaires du modernisme classique, amis aussi bien que rivaux, qui ont largement influencé l’art de la seconde moitié du XXe siècle et dont le rayonnement continue à se faire sentir encore aujourd’hui. Pour la toute première fois, une exposition muséographique sera conjointement dédiée à Alberto Giacometti (1901–1966) et Francis Bacon (1909–1992), et mettra en lumière la relation réciproque de ces deux grandes personnalités artistiques. À première vue, leur travail respectif semble très différent et indépendant l’un de l’autre; cette exposition révèlera pourtant des similitudes et des parallèles étonnants. Vie et créativité de ces deux artistes seront présentées ensemble sous un jour nouveau.

Francis Bacon, Portrait of Michel Leiris, 1976, Huile sur toile, 34 x 29 cm
Centre Georges Pompidou, Musée National d’Art Moderne,
Donation Louise et Michel Leiris, 1984
© The Estate of Francis Bacon. All rights reserved / 2018, ProLitteris, Zurich
Photo : © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand-Palais / Bertrand Prévost

Ces deux individualistes qu’étaient Giacometti et Bacon se considéraient tels deux phares se lançant des signaux lumineux au loin. Pourtant, à travers la centaine d’œuvres présentées dans cette vaste exposition, on y trouve des parallèles étonnants. Bacon et Giacometti ont tous deux étudié, copié et paraphrasé les plus grands maîtres du passé, et partagent une foi inébranlable dans l’importance de la personne humaine et le rôle de la tradition. Tous deux se sont intéressés au problème de la représentation bi-dimensionnelle et tridimensionnelle de l’espace, en utilisant des structures en forme de cage dans leurs œuvres afin d’isoler des figures dans leur environnement. Tous deux se passionnaient pour les corps fragmentés et déformés. Tous deux partageaient, en outre, une obsession pour le portrait et la représentation

Alberto Giacometti, Boule suspendue, 1930, Plâtre et métal, 61 x 36 x 33.5 cm, Kunstmuseum Basel, Depositum de la Fondation Alberto Giacometti
© Succession Alberto Giacometti / 2018, ProLitteris, Zurich
Photo : © Kunsthaus Zürich

connexe de l’individualité humaine. Tous deux se décrivaient en tant que «réalistes». Tous deux ont, chacun à leur manière, poussé l’abstraction de la figure humaine jusqu’à l’extrême. Tous deux ont remis en question le contraste entre la figuration et l’abstraction, si grandement significatif pour l’histoire de l’art moderne. La peintre Isabel Rawsthorne a joué un rôle clef de la relation entre Giacometti et Bacon en tant qu’amie proche des deux artistes et amante passagère du premier. Elle leur a tous deux servi de modèle et de muse. Tout comme Giacometti et Bacon, elle était fascinée par les abîmes humains. Les côtés sombres de la sexualité, la solitude et la mélancolie, la tendance à l’excès ont fasciné autant Bacon que Giacometti – ce qu’ils ont retrouvé dans la personne de Rawsthorn même si cet attrait allait évidemment bien au-delà. L’artiste en tant que marginal, décalé de la société, est une thématique particulièrement mise en évidence dans l’exposition «Bacon Giacometti». Modestes et exigus, les ateliers de Bacon et Giacometti se ressemblent: ils ont vu naître des œuvres d’art extraordinaires au beau milieu du chaos.

Alberto Giacometti, Caroline, 1961
Huile sur toile, 100 x 82 cm
Fondation Beyeler, Riehen/Basel, Beyeler Collection
© Succession Alberto Giacometti / 2018, ProLitteris, Zurich
Photo : Robert Bayer
Francis Bacon, Portrait of Isabel Rawsthorne Standing in a Street in Soho, 1967, Huile sur toile, 198 x 147 cm, Staatliche Museen zu Berlin, Nationalgalerie. 1967 acquis par la ville de Berlin
© The Estate of Francis Bacon. All rights reserved / 2018, ProLitteris, Zurich
Photo : © bpk / Nationalgalerie, Staatliche Museen zu Berlin / Jörg P. Anders

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