HELENA RUBINSTEIN IMPÉRATRICE DE LA BEAUTÉ

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Helena Rubinstein photographiée par Erwin Blumenfeld New York, vers 1955 © The Estate of Erwin Blumenfeld
Helena Rubinstein photographiée par Erwin Blumenfeld New York, vers 1955 © The Estate of Erwin Blumenfeld

À Paris, le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme consacre une exposition à l’une des grandes femmes d’entreprise et mécènes du XXe siècle, Helena Rubinstein. À voir jusqu’au 25 août. Jean Cocteau lui avait octroyé le titre d’impératrice de la beauté. Qu’est-ce à dire ? Il y a là d’abord, bien sûr, une référence au « succès planétaire » d’Helena Rubinstein dans le domaine nacré des lotions, des poudres, des mascaras (le lancement du waterproof, c’est elle), des instituts de beauté (une autre des choses qu’elle inventa ou imposa)… Suggérant l’autorité, la majesté, cette expression s’accorde également avec le tempérament de celle qui, née à Cracovie en 1872, installée en Australie à vingt ans et riche à trente ans – notamment grâce à la vente d’une crème pour le visage inspirée de celle que sa mère lui appliquait jadis –, pouvait déclarer : « Il n’y a pas de femmes laides, seulement des femmes paresseuses. » Mais ces mots de poète, naturellement, peuvent encore être compris plus largement, en s’aidant pour cela, s’il le faut, du faux ami qu’est le nom anglais patron, qui signifie mécène : traquant partout la beauté, le Beau – « Madame », comme elle se…